Depuis quelques années, les élèves de première, deuxième, de troisième et de quatrième secondaires ont l'occasion de vivre des situations d'apprentissage différentes de celles qu'ils ont l'occasion de vivre ordinairement en classe. L'apparition de plusieurs indicateurs nous ont poussé à réfléchir sur une autre vision de l'apprentissage et à placer de nouvelles balises qui pourraient gouverner des choix pédagogiques: l'arrivée de nouveaux courants pédagogiques, la pédagogie par projet, le travail coopératif, la psychologie cognitive, l'API (Actualisation du Potentiel Intellectuel - stratégies de résolution de problèmes et principes de vie), l'arrivée massive des TIC à la maison et à l'école et l'arrivée de la réforme de système d'éducation.
Au niveau des projets d'intégration des quatre premières années de l'Ordre secondaire nous privilégions une gestion de classe plus ouverte, une pédagogie basée sur le projet mettant en présence plus d'une matière du programme d'études afin de créer des liens entre certaines connaissances et certaines notions appartenant à chacune des matières impliquées dans le projet. Cette pédagogie plus ouverte se vit par la communication, les échanges, les discussions, les divergences, dans le bruit, dans la réalité que certaines équipes travaillent dans les cubicules, dans les déplacements des élèves vers la bibliothèque et dans la réalité des ordinateurs en réseau qui amènent souvent des problèmes techniques.
L'intégration des matières est un processus. Il ne suffit pas de commencer à faire des projets d'intégration pour que les résultats soient immédiatement visibles. L'équipe d'enseignants et d'enseignantes est présente pour guider un peu comme le font les entraîneurs sportifs. Il faut un plan de développement qui soit cohérent, intéressant et ajustable. Un projet pédagogique que l'on peut, dans le cas qui nous intéresse, comparer à un dé à six faces car il comporte six composantes.
Nous proposons six projets d'intégration multidisciplinaire qui se vivent dans un contexte d'apprentissages coopératif et qui sont répartis sur les quatre premières années de l'Ordre secondaire. Des projets dont la porte d'entrée est le domaine de l'univers social: l'histoire (temps) et la géographie (spatial) qui reflètent l'ensemble des réalités associées à l'existence des communautés humaines en continuelles transformations.
Ces projets ne sont pas des projets isolés les uns par rapport aux autres et il ont des liens entre-eux. Ils sont électrisés par deux fils conducteurs:
1.
Le développement des
compétences transversales
2. Dans un contexte
culturel
Chacun des projets aborde des connaissances et des apprentissages en lien avec chacune des matières du programme d'études. De plus, ils sont aussi des prétextes à connaître, à utiliser adéquatement et à intégrer certaines habiletés et certaines techniques relevant du traitement de l'information, de l'utilisation des TIC, du travail coopératif et d'une bonne méthode de travail. Ce sont les projets qui donnent du sens à tous les apprentissages parce que ces derniers deviennent eux-mêmes des contributions à un ensemble plus vaste. En effet, chacun des projets devient lui-même porteur de sens dans un projet de plus grande envergure l'intégration étant un processus et non une fin en soi.
Le premier fil conducteur qui anime l'ensemble des projets d'intégration peut se résumer comme étant un suivi du développement des compétences transversales tout au long de ces quatre premières années de l'ordre secondaire i.e. première, deuxième, troisième secondaire et quatrième secondaires.
Partis du rapport du groupe de travail sur la réforme du curriculum, 1994, rapport qui dit que: "C'est la perspective générale du curriculum d'études qu'il faut infléchir pour lui permettre de prendre en considération, plus fermement, la perspective culturelle." Nous avons opté pour un fil conducteur qui permet aux élèves de vivre des projets différents au niveau des connaissances mais dans une perspective culturelle. Mais qu'est-ce que la culture ? Ne serait-ce pas ce qui fait que je puisse comprendre le monde dans lequel je vis à partir de connaissances des événements et des personnages du passé ? La culture ne peut demeurer le lot exclusif de quelques disciplines comme les arts, l'histoire ou la littérature. La culture, c'est aussi la géographie, les mathématiques, les langues, les TIC, l'éducation physique, l'enseignement religieux et les sciences. La culture, n'est-ce pas comprendre, définir, analyser, interpréter et adopter le passé afin de contribuer à la société d'aujourd'hui et de demain ? La culture, n'est-ce pas la marque de mon identité?
La culture, c'est un ensemble de savoirs, d'oeuvres, de symboles et d'outils que l'homme a élaboré au fil du temps afin de répondre à des questions sur le monde, sur des problèmes et sur des intérêts afin de comprendre ce monde et de se comprendre lui-même.
En s'ouvrant à de nouvelles façons d'apprendre et en mettant en place des pratiques pédagogiques nouvelles il faut d'office s'ouvrir à d'autres pratiques évaluatives. Ces dernières font partie intégrante de la démarche d'apprentissage. Dans le cas qui nous intéresse, il faut explorer de nouvelles voies afin de bien mesurer ce qu'on veut bien mesurer: le développement et le suivi des compétences transversales tout au long de ces quatre premières années de l'Ordre secondaire. Dans la perspective d'évaluation formative, il faut trouver de nouveaux moyens ou de nouveaux outils qui mesureront les connaissances, le développement et l'acquisition des compétences de l'élève: portfolio, auto-évaluations, co-évaluations, bilans d'étape et bilans de projets.
Actuellement, nous expérimentons la mise en place du projet pédagogique dans son ensemble. Six projets multidisciplinaire sont proposés aux élèves mais toujours dans la perspective que nous travaillons toutes et tous à un projet encore plus grand qui vise à développer chez les élèves des compétences transversales dans une perspective culturelle. Nous développons de nouveaux instruments qui s'adaptent bien à ces nouvelles situations d'apprentissage : modifications de la grille horaire, situation des locaux TIC ouverts sur la bibliothèque de l'école, autoévaluations, coévaluations, bilans d'étape et bilans de projet, le portfolio, association avec d'autres organismes (musées), au niveau du travail coopératif.
Au niveau des priorités de développement, nous nous voyons au niveau d'un projet multidisciplinaire en relation directe avec la réforme de l'éducation. Vous pouvez visiter notre site web où les enseignants pourront suivre le déroulement de ce projet d'envergure 20 classes. L'élève est au centre de ce grand projet et chacune et chacun pourra suivre non seulement l'évolution du projet lui-même mais aussi la somme des travaux réalisés par les élèves au niveau des six projets.