Les coureurs de bois.
Le commerce des fourrures à l'époque française supposait la participation des Amérindiens, qui chassaient les animaux à fourrure et préparaient leurs peaux en vue du troc, et des coureurs de bois français qui voyageaient partout à l'intérieur du continent américain afin d'encourager les Amérindiens à commercer. On connaît peu de choses sur la plupart de ces coureurs de bois, sauf les noms qui apparaissent dans les documents sur la traite qui ont été conservés. Leur degré d'alphabétisation était faible et, en outre, leur vie faite de luttes et de privations constantes leur laissait peu de temps pour écrire leurs impressions. Les coureurs de bois, qui constituaient une petite minorité par rapport aux Amérindiens avec lesquels ils vivaient et travaillaient, avaient tendance à adopter de nombreuses habitudes amérindiennes, à la grande consternation des dignitaires ecclésiastiques et des administrateurs du gouvernement. Les longues périodes qu'ils passaient loin des établissements de la Nouvelle-France affaiblissaient les liens avec les autorités ecclésiastiques et gouvernementales. Pourtant, c'est essentiellement grâce à l'action de ces hommes, qui ne furent jamais plus de quelques centaines à un moment donné, que les Amérindiens restèrent loyaux et que la France put maintenir ses revendications sur les territoires de l'intérieur. Ces mêmes coureurs de bois étaient souvent les premières victimes des fréquentes guerres avec les Iroquois à la fin du XVIIe siècle. Les efforts déployés par le gouvernement pour exercer un contrôle sur le commerce des fourrures en octroyant des permis à des groupes organisés de coureurs de bois ne furent jamais une réussite totale.
Source: Division de l'iconographie, Archives publiques du Canada (C-5746)