Cuisine et salle commune.
C'est ici que les repas étaient préparés et consommés. La famille y passe aussi ses heures de loisir. Remarquez la boîte à sel sur le mur en dessous de la lanterne. Le sel était un bien de première nécessité. Étant donné que la colonie n'en produisait pas, il devait être importé de France; ce qui en rendait le prix élevé. L'ameublement de cette pièce a sans doute été fabriqué localement, y compris le tapis de catalogne qui recouvre le plancher. La profondeur du chassis de la fenêtre révèle l'épaisseur des murs de pierre. Les colons canadiens étaient des hommes à tout faire, chaque ferme étant presque une entité économique auto-suffisante. Ces maisons rurales se comparent très favorablement avec les masures des paysans d'Europe. Les visiteurs venant de France faisaient souvent remarquer que ces simples fermiers vivaient aussi bien que nombre de hobereaux de l'aristocratie terrienne de la mère patrie.
Chaque demeure possédait son rouet. Aux premiers temps de la colonie, les colons devaient importer de France la plus grande part de leurs vêtements, mais vers la fin du XVIIe siècle, ils faisaient presque tout eux-mêmes, tissant de la toile avec du lin et se servant du chanvre pour obtenir une étoffe plus grossière. Ils élevaient des moutons pour disposer de laine: celle-ci était filée pour faire différents types de tissus grossiers, mais durables. Les racines, les fruits et les coquilles de noix fournissaient des teintures naturelles. Au XVIIIe siècle, Madame de Repentigny, femme de seigneur, pouvait se vanter d'être vêtue des pieds à la tête de vêtements provenant d'une fabrique du pays. Cependant, la haute société portait des vêtements plus élégants qui étaient importés de France, et elle tenait à suivre la dernière mode de Paris et de Versailles.
Source: Office national du film du Canada